ESCAPADE CULTURE’L

 

La Cathédrale Orthodoxe Russe Saint Nicolas et Sainte Alexandra

L’église russe rue de Longchamp:
Dans la seconde partie du XIX siècle une importante colonie russe essentiellement composée de personnes riches et influentes, attirées par le climat, vivait à Nice. C’est en 1856 que l’impératrice douairière Alexandra Féodorovna, veuve du Tsar Nicolas 1er, décida d’une souscription en faveur de la construction d’une église russe, rue de Longchamp. Le culte orthodoxe alors n’était pas reconnu et donc, Nice qui faisait alors partie du royaume de Sardaigne, a dû recevoir l’autorisation par l’intermédiaire de l’ambassadeur russe à Turin pour la construction de l’église orthodoxe. Pour ne pas froisser le clergé catholique, l’église fut installée au 1er étage, la bibliothèque et le logement du prêtre au rez-de-chaussée, par contre on lui refusa un clocher tout comme l’édification d’un cimetière russe à proximité.

La Cathédrale Saint Nicolas et Sainte Alexandra
Sous l’influence de la révolution bolchevique, Nice ne fut plus seulement un lieu de villégiature, mais devint aussi un refuge pour une multitude de partisans à l’opposition. C’est pour une colonie russe orthodoxe devenue de plus en plus importante qu’il fût envisagé la construction d’une cathédrale.
Celle-ci débuta le 25 avril 1903 sur le terrain de Bermond, propriété de l’Impératrice
douairière et de son fils le Tsar Nicolas II.
Le Tsarévitch Nicolas, fils d’Alexandre II, était mort à vingt ans d’une méningite au cours d’un séjour en 1865 à la villa Bermond, louée à Nice par le tsar. Alexandre II acheta la propriété Bermond, vaste domaine couvert de plantations d’orangers, fit raser la grande habitation d’une quarantaine de pièces et élever en 1867 une chapelle commémorative, à l’emplacement exact de la chambre où le jeune prince s’était éteint. C’est le monument de style byzantin qui se trouve à quelques pas de la cathédrale qui a été construite sur le même terrain.

L’architecte, Nedvski de Tallium s’est inspiré des églises de Moscou (Saint Basile-le-Bienheureux) pour dresser un projet de style «vieux-russien» caractérisé par la présence d’une coupole centrale majeure haute de 52 mètres flanquée de quatre coupoles plus petites à chaque angle. On remarque à un niveau inférieur de la façade, deux clochers teintés en vert.
Il semble que le choix des matériaux fut particulièrement soigné : briques inaltérables de couleur rouge, taille des marbres, faïences italiennes bleu pastel et tuiles polychromes de Florence, etc.…
Pour l’iconostase, conçu en Russie, et les fresques intérieures c’est un membre talentueux de l’école de peinture de Strogonoff, L. Pianovsky qui a été choisi.
Dans les églises orthodoxes, l’iconostase, cloison recouverte d’icônes sert de lien entre le sanctuaire (espace sacré) et la nef où se tiennent les fidèles.
C’est sous le contrôle du même homme que furent réunis à l’intérieur de la Cathédrale qui frappe par sa petite taille et dont la forme s’inspire de la croix grecque, un nombre impressionnant d’icônes, de boiseries, de peintures et de mobilier culturel. Sur les parties latérales de la Cathédrale, on trouve de petites chapelles où siègent icônes et cierges.

L’inauguration solennelle de la Cathédrale eut lieu le 17 décembre 1912. Elle était le plus grand édifice orthodoxe russe situé hors de la Russie. Son coût est estimé à 1.500.000,- francs or de l’époque. Cet édifice est étonnant par sa richesse et par son architecture.

 

La religion orthodoxe

La religion orthodoxe est une religion chrétienne orientale qui s’est séparée de la religion chrétienne occidentale (romaine), ou catholique, il y a environ 1.000 ans.
Le mot orthodoxie, d’origine grecque, fait référence à la manière juste de rendre grâce à Dieu.
L’Eglise Orthodoxe rejette les croyances de l’immaculée conception et de l’assomption de Marie et ceux de la primauté et de l’infaillibilité pontificales.
Il n’existe pas de primauté divine d’un évêque sur les autres. La hiérarchie se limite aux trois ordres – diaconat – presbytérat – épiscopat.
Le célibat n’est imposé qu’aux moines. Les hommes mariés peuvent accéder à la prêtrise et au diaconat, mais une fois ordonné, un prête ou un diacre ne plus se marier ni se remarier.
Les évêques sont célibataires depuis IV siècle et élus parmi les moines et prêtres non mariés.
Tous les sacrements comme la liturgie, le culte des images et des reliques visentà réaliser l’union mystique entre Dieu et le croyant. L’icône est porteuse de messages. L’expression des personnages et les symboles représentés ont pour but d’amener à la prière et à la contemplation. L’iconostase composé de quatre panneaux qui portent les icônes du Saint local, de Marie, de Joseph et de Jésus, se trouve derrière l’autel.

L’Eglise Orthodoxe interdit les mariages mixtes et permet le divorce. Sa position vis-à-vis de l’homosexualité se rapproche de celle de l’Eglise Catholique.

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